Voyages Faune

mercredi 15 décembre 2010

L'ourade nubienne

Issaka Houdou

Assistant Technique, issaka est ingénieur des eaux et forêts au Niger. Il coordonne sur le terrain, 10 jours par mois toute l'année, des expéditions scientifiques dans le désert. Il est en charge, sur le terrain, de la conduite du suivi écologique visant à inventorier la faune et la flore du massif de Termit et de l'erg du Tin-Toumma.

Le Sahara Conservation Fund ("SCF") est une organisation non-gouvernementale, créée dans le but de promouvoir la conservation de la faune sauvage, des habitats et des autres ressources naturelles du Sahara et des steppes sahéliennes qui le bordent. SCF œuvre pour mettre en place sa vision : un Sahara bien conservé et géré, dans lequel les processus écologiques fonctionnent naturellement, avec des communautés végétales et des populations animales viables dans leurs aires de répartition historiques ; un Sahara qui profite à tous ses habitants et où le soutien pour cette préservation est assuré par des acteurs provenant de toutes les composantes de la société.

Les derniers lions d'Afrique de l'Ouest

Christian Noirard

Docteur en Ecologie, il intervient dans les problématiques de conservation et de gestion de la grande faune africaine. Spécialiste Ouest africain de l’hippopotame (IUCN/SSC Hippo), il a travaillé dans le cadre de l’assistance technique de nombreux projets au Niger où il conduit ses travaux depuis 10 ans. Guide de safari et enseignant de Développement Durable à l’Université Lyon 1, Christian a décidé de s’investir vers des programmes de conservation, alliant protection de la Nature et développement.

La présence de la Réserve Transfrontalière de Biosphère du « W » pose d’importants problèmes de cohabitation entre les populations villageoises périphériques et la mégafaune sauvage qui diffuse au-delà des limites de l’aire protégée. Dans cette relation conflictuelle, le lion en occupe une place particulière. Dans la zone tampon de Tamou où la population coexiste étroitement et quotidiennement avec le lion, la prédation sur le bétail domestique représente une perte de 4% du cheptel bovin chaque année (soit en moyenne 10 vaches par village et par an). Les attaques de lion sur les troupeaux représentent donc un problème significatif pour les populations rurales pour lesquelles les animaux domestiques représentent souvent la seule richesse. Le programme entend créer un fond de compensation pour les éleveurs alimenté par le développement d’une activité écotouristique autour du lion (vision et culture). Il s’agit également de développer le savoir scientifique encore très faible en Afrique de l’Ouest sur cette espèce en danger et dont les effectifs au Niger ne dépassent pas 70 individus.

Le retour espéré des crocodiles dans le Niger

Bouzou Ali

Agent des Eaux et Forêts qui a travaillé de longues années dans le Parc National du W. C’est sa passion pour la faune sauvage mais également la rencontre avec les populations riveraines du Parc qui lui on donné l’envie de développer des projets alliant sauvegarde de l’environnement et développement économique locale.

Le crocodile du Nil a quasiment disparu du fleuve Niger. Autrefois vénéré, aujourd’hui mal aimé, cette espèce souffre d’une pêche intensive et de la destruction de ses zones de ponte. Ce programme a pour objectif l’aménagement de l’habitat afin de créer les conditions favorables à l’accueil et au renforcement des populations actuelles. Le développement d’une activité écotouristique basée sur la vision des crocodiles dans leur milieu naturel, associée à un parcours d’interprétation dans le cadre de la construction d’un centre d’accueil et d’élevage de l’espèce, a pour objectif de créer une économie nouvelle centrée sur le crocodile. La zone d’intervention a été choisie en périphérie de la Réserve Transfrontalière de Biosphère du « W » sur une île du fleuve Niger à proximité du village de pêcheurs de Karey-Kopto.

mardi 14 décembre 2010

Les Hippopotames du Niger

Christian Noirard

Docteur en Ecologie, il intervient dans les problématiques de conservation et de gestion de la grande faune africaine. Spécialiste Ouest africain de l’hippopotame (IUCN/SSC Hippo), il a travaillé dans le cadre de l’assistance technique de nombreux projets au Niger où il conduit ses travaux depuis 10 ans. Guide de safari et enseignant de Développement Durable à l’Université Lyon 1, Christian a décidé de s’investir vers des programmes de conservation, alliant protection de la Nature et développement.

Ce programme permet d’apporter des solutions novatrices au problème de conflit entre l’Homme et l’hippopotame dans la vallée du fleuve Niger. Cette espèce en voie de disparition souffre de la perte de son habitat naturel et d’une pression de braconnage élevée pour son ivoire mais également en raison des dégâts qu’elle cause dans les cultures. Un volet développement local a permis la mise en place d’un produit écotouristique nouveau dans la région d’Ayorou où se distribue la principale population d’hippopotames du Niger. Un gîte écotouristique a été créé ainsi qu’une association de guides formés à l’accueil et à l’accompagnement des touristes. Un fond de soutien est ainsi alimenté au profit des communautés locales depuis 2008. Cette action participe durablement à la conservation de l’hippopotame qui trouve désormais une place dans l’économie locale. Aucun acte de braconnage n’a été enregistré depuis le début du projet. En réponse à la crise alimentaire liée au changement climatique que connaît le Niger, le programme permet, grâce au fond de soutien, d’apporter une aide alimentaire pour les populations villageoises les plus fragiles. Deux tonnes de céréales (mil et sorgho) ont déjà été distribuées au profit de 60 familles.